01/02/2005

Le vol en Storch…

Il ne s’agit pas d’un vrai Storch mais de sa version française le MS-505. Cet avion mythique, imposant, est très attachant, comme tous les avions anciens. Cela faisait plusieurs mois que je rêvais de le piloter et n’osais pas trop y croire. Puis un jour ce fut le cas…
La problématique sur cet appareil est qu’il ne dispose pas de double commande. Pour des pilotes peu habitués aux grosses machines, comme cela était mon cas, la difficulté se situe au niveau de l’arrondi, qui doit se faire plus haut, puisque l’on est perché à 2 m du sol en Storch.
Christian , un soir, m’avait rapidement fait faire 1 tour de piste en passager pour me faire voir la hauteur de l’arrondi.
Il me fallait être encore patient puis, au mois de juin 2004, un après-midi, il me lança : « Allez, viens ! C’est à toi » Il n’a pas fallu bien longtemps pour que je grimpe dans l’habitacle du Storch. Je connaissais assez bien les commandes du Storch, je m’étais préparé à ce jour. Christian m’avait fait voir lors du précédent vol les procédures de démarrage du moteur Jacobs de 304 cv.  Injections (manuelles), une et demi en l’occurrence puisque le moteur était chaud, un petit centimètre de gaz, pieds sur freins,  « Allez Vas-y » me dit-il, je lance le démarreur, laisse passer 4 pâles (bien que cela fut inutile : le moteur étant chaud) et bobine On. Le moteur démarre et émet un son majestueux. Magnéto On et le ralenti est stabilisé. L’avion vibre intensément. Je suis très concentré mais assez  impressionné. Je positionne la génératrice sur On. Je ne pense pas encore au vol, mais déjà je ressens les mêmes sensations que lors de mon laché BB.  J’allume la radio et prend contact avec la tour. Je commence alors à rouler. Première difficulté. L’avion est lourd ( 1600 kgs) et la roulette n’est pas conjuguée. La technique consiste en fait à rouler puis freiner pour tourner. Il faut toujours avoir de la vitesse. Aux point d’arrêt, je fais mes essais. Je monte le régime à 1500 tr/min et fais ma sélection magnéto. Je teste le réchauffage carbu. Les freins sont puissants mais on sent déjà que le Jacobs tire fort.
Je sors alors 15° de volets et ferme la porte. Nous roulons vers la piste en herbe. J’annonce mon décollage et pousse la manette de gaz. L’accélération est forte. A peine ais-je mis plein gaz que nous sommes déjà en l’air, je ne sais trop comment. Le décollage fut très court. Il n’y a aucune notion de vitesse de rotation ici ni de décollage :  on a pas le temps de regarder le badin. Le couple moteur non plus ne s’est pas fait sentir. Il est nécessaire en montée de réduire  la puissance : le Jacob a tendance à passer en surrégime à 2400tr. (régime max : 2200tr). Je rentre les volets en un tour de manivelle mais je ne suis pas rassuré : « Qu’est-ce que j’ai fait ! Il va falloir le poser maintenant ! » Christian est derrière moi, mais il n’a pas de commande.  Je réduis à 2000 tr en vent arrière puis sors 15° en étape de base. Moteur réduit, le Storch tombe comme une pierre. La finale se passe bien , je prend bien soins de ne pas effleurer les freins pour l’atterro. Ayant peur d’arrondir trop bas, j’arrondis un poil trop haut, mais le débattement énorme des amortisseurs du Storch gomme vite cela. Cela est plutôt concluant. Christian  me crie (c’est très bruyant un Storch, et il n’y avait pas d’intercom) de refaire un tour puisque celui-ci s’était bien passé. Rassuré, ce second tour sera un vrai plaisir.
Inoubliable.
Après une saison de vol sur l’appareil, soit 5 HdV et une bonne vingtaine d’atterrissages, une opinion plus pertinente peut être dégagée.
En vol, l’avion est lourd aux commandes, presque désagréable lorsqu’il y a beaucoup de vent. L’avion se fait littéralement porter par celui-ci . On se voit dériver fortement. La vitesse en croisière est de l’ordre de 120 km/h.
En vol lent, tout sortis (ailerons et volets) l’avion continue de monter à 4 m/s à 65 km/h à 2000 tr/min. Lors du décollage, il n’y a aucun problème. A l’atterrissage, il faut être vigilant. On ne sent pas partir l’avion, encore plus sur piste en dur. L’avion est assez facile par vent de travers pour un train classique.
Ce n’est donc pas pour ses qualités de vol (hormis ses performances à basses vitesses) que l’on aime le Storch. Il n’est ni économique (60 l/h) ni rapide.
Le plaisir est ailleurs : le bruit du moteur, les procédures, l’ambiance, les vibrations, l’odeur d’huile brûlée au démarrage… font tout le charme de cet avion.   


23:42 Écrit par Bobcat | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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